Rencontre avec
Alain Jackinsky

Par TUBBIES-Benoît et TUBBIES-Gaëtan

Une carrière comme celle du jeune DJ Alain Jackinsky pourrait en faire rêver plusieurs. Malgré les succès qui se pointent depuis qu'il a déposé son premier vinyle en 1999, Alain a toujours gardé les deux pieds sur terre, prétextant vouloir y aller à son rythme, sans brusquer les choses. Stratégie gagnante pour le DJ originaire d'Alberta. Huit ans plus tard, il se retrouve aujourd'hui parmi les DJs de la relève à qui l'on projette un des meilleurs avenirs. Il a pris de l'expérience, appris de ses erreurs et il a même été jusqu'à fignoler son art à l'école MusiTechnic. Le voilà fin prêt à se lancer dans de belles aventures. L'année 2007 en est une de changements pour le blond DJ. Et croyez-moi, elle est loin d'être terminée !!

 

Comment avez-vous réagi lorsqu'on vous a annoncé que vous feriez la première partie de Work @ Parking, en collaboration avec Peter Rauhofer?

Comme un enfant qui reçoit un gros cadeau !! (rires) J’étais très content.

Qu'est-ce que ça représente pour vous ?

Peter est mon idole depuis plus de dix ans maintenant. À mon avis, il est un des rares qui puisse s'adapter aussi bien aux courants musicaux et ainsi produire des pièces d’un calibre exceptionnel. Il possède une méthode de production très impressionante. Il l'est tout autant comme DJ. Il a toujours été une source d’inspiration pour moi (et plusieurs de mes collègues) et de pouvoir ouvrir pour lui ce samedi, est tout simplement un grand honneur.

Prendrez-vous une direction différente pour compléter le style unique de Peter?

Non. Je ne suis pas Peter quand même !! (sourire) Je crois que chaque DJ est unique et ce, même si certains styles peuvent se ressembler.

Comment avez-vous débuté votre carrière ?

Malgré mon jeune âge, ça remonte tout de même à loin... J'ai ressenti le désire de devenir DJ dès l’âge de 12 ans. J’étais dans une fête familiale et les jeunes dansaient dans le sous-sol. Je ne connaissais pas grand monde donc, j’ai plutôt regardé les gens danser. C'est à ce moment que je me suis rendu compte de l’impacte que pouvait avoir la musique sur les gens. J’ai par la suite commencé à écouter du Dance Music et surtout, à essayer de «beatmatcher» deux chansons, avec deux cassettes, avec mes doigt et un mixeur de chez Radio-Shack (de très mauvaise qualité, que mon père m’avait acheté).

À 15 ans, j'achetais mes deux premières tables tournantes usagées dans un prêteur sur gage et j’ai rapidement commencé à me commander des disques par la poste. C'est rapidement devenu une drogue !!


Quel est le premier single que vous avez acheté ?

Mon premier vinyl s’appellait Bomba Deng mais, je n'arrive pas à me rappeler de quel groupe !! (rires) C’était ce qui jouait dans les clubs à l’époque. En toute honnêteté, ça remonte à trop loin pour que je me rappel de mes premiers achats...

Et maintenant, où faites-vous votre magasinage ?

Je me suis convertis au digital il y a plus d’un an. Ça m'a un peu attristé au départ, mais les bons côtés sont trop nombreux pour ne pas le faire. L'argent est bien évidemment la principale raison. Quand tu fais ce métier, tu réalises rapidement que la nouvelle technologie te permet de sélectionner et d'acheter cinq pièces en format WAVE, pour le prix d'un vinyle...

Même si je suis le premier à être déçu de voir que nos magasins de disques spécialisés ferment leurs portes (je pense à M.E.M. Records entre autres) je magasine comme plusieurs DJs sur Beatport, Juno, Traxsource, TrackItDown, Xpressbeats et bien d'autres. Je viste également les sites Web de mes labels favoris puisqu'on y retrouve aussi des exclusivités.

Selon vous, quel est le meilleur aspect dans la vie quotidienne d'un DJ ?

D’avoir un horaire assez flexible, être en quelque sorte son propre patron (à la maison du moins), me donne du temps pour travailler ma musique. J'ai un sentiment de liberté ça me donne l'occasion de profiter de la vie au maximum. Je suis heureux.

Et le pire ?

L’instabilité du sommeil, le stress (faut savoir le gérer et en faire une bonne chose), et l'énorme quantité de musique à écouter sur les magasins en ligne. Ça prend un temps fou...

Vous sortez fraîchement d'une formation à la réputé école MusiTechnic. Ce fut une belle expérience ?


(Hésitation) Oui et non. Je n’aimais pas la structure du cour à la base. Le tout dure à peine onze mois et croyez-moi, ils nous en montrent beaucoup trop !! C’est très intéressant certes, mais pour une personne qui a besoin de digérer l’information et de la mettre ensuite en pratique pour bien la comprendre (c'est moi ça !!), ce fut plutôt très difficile. Il me fallait en laisser beaucoup de côté pour focusser principalement sur ce que moi j’avais vraiment besoin. En fin de compte, j'ai mis moins de temps sur certains cours, ce qui m'a causé bien du stess inutile. Malgré tout, j'ai énormément appris et aujourd’hui, ma méthode de travail est vraiment différente.

Il est important de vouloir faire ce cour pour les bonnes raisons. Certaines personnes le font en espérant en resortir en véritable «vedettes du son». Ils tombent de haut et vivent les nombreuses dfficultés à se trouver un bon emploi dans le domaine et la dette de 20 000 $ pour ce cour pèse lourd... Ce n'est pas pour rien que j'ai attendu si longtemps pour le prendre. Je me devais d'attendre le bon moment. MON bon moment en fait. Je n'avais pas le projet de sortir l'école et de produire un méga-hit dès la première semaine !! (rires). Je continue à chaque jour d’en apprendre sur les techniques. J’ai l’intention de poursuivre mes études en théorie musicale. Je me suis équipé d’un bon petit studio à la maison et je passe journées à continuer d’apprendre.

Vous vous êtes donc mis à la production récemment ?

Oui et j'ai même le plaisir d'avoir un partneraire de travail en la personne d'Aaron Switzer. C'est un type exceptionnel, avec qui j'ai une merveilleuse complicité. Nous travaillons sur divers projets ensemble et ça m'excite beaucoup. J'ai vraiment l'impression d’avoir trouvé une partie de moi qui me manquait !! Je fais des trucs de mon coté et lui aussi car, nous vivons dans deux univers musicales différents. Mais ensemble, nous jumelons nos connaissances et nos expériences dans la musique house... Le futur nous réservera de biens belles surprises, je crois.

Qu'est-ce qu'on a pu entendre de vous jusqu'à maintenant ?


Je n'ai pas de productions officielles qui sortent de chez moi encore. Toutefois, je m'amuse à faire beaucoup d’éditions et des de «mashup». J'aime travailler de cette façon. Ça me donne de l'espérience que de créer ma propre pièce en prenant des titres déjà existants et en y rajoutant des élements percussifs et surtout des vocals.

Je suis fier d'un «mashup» que j’ai créé dernièrement avec une ancienne pièce de Kathy Brown; Turn Me Out. Je suis d'autant plus heureux de savoir que des DJs tels que Hector Fonseca (NYC) et Stéphan Grondin la font jouer. Cette pièce a provoqué crée un certain buzz dans le nightlife et c’est la toute première fois que ça m’arrive. C'est très flatteur et ça me dit que je dois être sur la bonne voie.
 
Quels sont vos styles de musique électroniques favori ?

Il y en a beaucoup !! Bien sur le house, mais aussi le house vocal, le tribal, l'electro-house, le tech, le deep house et même le minimal. Une bonne toune, c’est une bonne toune. Rien à voir avec le style.

Dans quelques années, où vous voyez-vous ?

Tout simplement ici à Montréal, dans un studio et dans les clubs comme DJ. Il m'arrive aussi de voir mes amis et les gens que j’aime près de moi. Plusieurs personnes sont très importantes dans ma vie. Je n’ai pas vraiment de famille, donc je me construit un bel entourage depuis que je suis à Montréal. Ça ne se fait pas en une semaine, mais avec le temps, je vois que les vrais sont réellement là et je les aime... beaucoup!!

Comment décririez-vous votre style pour les clubbers qui n'ont pas encore eu la chance de vous entendre ?

Un style positif !! Je n’aime pas trop la noirceur dans la musique. Les gens sortent souvent pour oublier leurs problèmes et s’amuser. J’aime rescentir un certain bonheur dans un club. Mes styles musicaux varient d'un endroit à l'autre, mais embrassent toujours le house, en passans par l’électro-house, le tribal, le tech-house et le deep house.

Parlez-nous de votre récente association avec l'agence GV Management, qui fait innévitablement de vous un DJ qui arrive dans les grandes ligues.

Je connais Gaëtan depuis plusieurs années et lorsqu'il m'a parlé de son projet de créer les TUBBIES, je savais très bien que ça allait être un succès. J'ai été le premier à lui dire Go ! Vas-y ! À l’époque, je débutais à titre de DJ. Nous avons donc grandis en même temps dans cette industrie. C’est pour cela que je suis très content de faire partie de sa nouvelle agence GV Management. J’ai toujours cru en ce p’tit bonhomme plein de vie et de bonnes intentions. Son site LESTUBBIES.COM est de loin le meilleur outils pour garder les gens informés de ce qui se passe dans notre milieu. C’est le véritale Entertainement Tonight du nightlife montréalais et je trouve ça génial !! (rires). Sa nouvelle companie de gérance, j’y crois profondément. Je suis très heureux de mon association avec lui et aussi, de faire partie d'une famille avec les Eddy Jasmin, Stéfane Lippé et Francis G. Croyez-moi, ça ne fait que commencer !!

Quels sont vos futurs projets ?

Je passe de plus en plus de temps en studio. J'ai l'énorme désire de faire de la bonne musique et que cette dernière puisse se faire entendre partout. J’ai me fixe des buts qui ne sont pas trop élevés donc, réalisables. Je suis du genre une étape à la fois. À titre de DJ, j’espère jouer dans plus d’endroits où on retrouve de vrais amateurs de musique électronique. C’est pour cela que j’aime bien spinner au Saloon. Les gens en mangeent !! (gros rires)

Que dire du Parking... Il y a une vibe extraordinaire et je peux facilement ressentir une bonne appréciation de ce que je fais, de la part du staff et des clients. C'est tellement important pour un DJ qui ne cherche qu'à s'améliorer !!

QUESTIONS DU PUBLIC

Pierre Perreault de Québec demande : Le monde de la musique techno évolue rapidement. Les tendances et les influences sont nombreuses et diversifiées. Pour ta part, où prend tu ton inspiration et quelles sont tes principales sources d'influences dans le développement de ton art ?

J’écoute certains shows de radio toutes les semaines, dont celui de Roger Sanchez que j'adore. J’écoute aussi plusieurs sets mixés par d’autres DJs. Il m'arrive également de sortir (lorsque j'en ai le temps) et ainsi d'entendre en direct mes DJs favoris.

J'aime m’entourer de gens qui aiment la musique électronique et je porte une attention particulière à leurs commentaires. Finalement. je donne aussi une grande place à mon instinct.

Le DJ/producteur Hugues Raiffaud veut savoir : Avec quel DJ as-tu le plus aimé partager une soirée et pourquoi ?

L’ouverture de Peter Rauhofer pour son lancement I Love New York au parking, l’an passé. J'ai aussi baucoup apprécié et un tag-team surprise avec mon ami DJ Norm à l'After Eight Dayclub et au défunt Réunion Afterhours, l’été dernier. Je ne sais pas pourquoi, mais lorsque Norm et moi travaillons ensemble, nous avons toujours un plaisir fou et l’énergie qui s’en dégage est assez particulière.

Claude Blouin de Longueuil demande : Tu préfères travailler dans un club ou dans un Afterhours ?

J’ai personnellement beaucoup plus travaillé dans les clubs. Je commence à peine à faire mon entrée dans les Afterhours. Je crois que c’est un parcours normal et serein. Il n’était pas question pour moi d’aller trop rapidement, même si beaucoup de gens de l’industrie de me demandaient d’y faire le saut. Ce n’était juste pas le bon moment pour moi. J’aime beaucoup le travail que je fais. Je souhaite le perfectionner et je veux que ça continue longtemps. Mais là, avec plus de maturité qu’à mes débuts, je crois être en mesure de me lancer dans la grande aventure des Afterhours.

Enfin, TUBBIES-Alex demande : Quel serait ton meilleur souvenir à titre de DJ ?

Impossible de ne pas te nommer cette fameuse nuit du Church, avec la gang. Je n’oublierai jamais ce moment. C’était pour moi comme mon «Welcome to the DJ Life» et ça m’a vraiment touché. J’y découvrais la gentillesse des gens de Montréal et l’entraide de cette industrie qui se montre parfois un peu sombre… (ton Gaëtan oit savoir de quoi je parle car il est un de ceux là !!)

Merci, Alain.


Petit cadeau pour les lecteurs et lectrices du site LESTUBBIES.COM: téléchargez un récent (et excellent) démo d'Alain, réalisé dans le cadre du dernier week-end Bal en Blanc, en avril dernier (pour usage promotionnel seulement) Téléchargez ICI.

 
myspace.com/jackinsky // alainjacknisky@yahoo.ca
 
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