Par Gaëtan Vaudry Je suis nerveux. C'est ma toute première entrevue avec un DJ provenant du domaine de la musique hip hop. Je sais en plus que celui que je vais rencontrer est l'un des plus respectés au Québec. |
Tu viens d'une grosse famille ? Tu as des frères et soeurs ? |
Ma famille est reconstituée. En "théorie", je suis fils unique... Mais, j'ai trois soeurs et deux frères. |
Tu as commencé très tôt à faire de la musique... |
Il y a une bonne quinzaine d'années déjà !! Je me rappelle trop bien de mes premiers house partys à Montréal-Nord... dans les sous-sols d'églises. Ça commençait à 21 h pour ne se terminer qu'aux petites heures du matin... d'où m'est venue l'idée de faire un extended set récemment, au Red-Lite !! C'était vraiment spécial comme nuit. À l'époque, j'étais avec les DJs Fabulous et Wreck. Nous arrivions avec six à huit sacs à recyclage de vinyls et... it was on !! |
Quand as-tu su que voudrais devenir DJ professionnel ? |
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À tes débuts, qui étaient tes DJs préférés ? |
Pas besoin de te dire DJ Cashmoney !! (rires) Mais les pionniers de notre musique, bien évidemment : Africa Bambaata, le défunt Jam Master Jay, Mix Master Ice, Jazzy Jeff, DJ Scratch, DJ Steve D, Red Alert et Kid Capri. |
Tu as toujours été attiré par la musique Hip hop ? |
Toujours. La première chanson que je pouvais rapper vers six ou sept ans était The Message, par Mlle Melle Mel and the Furious Five. |
Que penses-tu du house... du trance... ? |
Tu sais quoi ? J'aime le house. Il m'arrivait souvent d'en jouer dans nos partys de sous-sol d'église car nous n'arrivions pas encore à sa catégoriser. Nous voulions faire simplement de la musique. Nous étions dans un bon party et nous n'en demandions pas plus. On jouait même du vieux funk et quelques fois, nous allions jusqu'au disco aussi !! Pour la musique house, j'aime bien David Morales, Roger Sanchez, Deep Dish, David Guetta, Master at Work et plusieurs titres qui sont sortis sur l'étiquette Hi-Bias Records. |
Comment expliques-tu le succès que tu connais aujourd'hui ? |
Dans ma tête, je ne connais pas encore le succès souhaité. Ce que je vis présentement, je le dois à ma patience et aussi, avouons-le, à de la chance... Je travaille énormément. Je pourrais presque me qualifier de workaholic. Je ne crois pas vraiment à la sieste !! |
Mais tu es tout de même capable d’avoir du temps pour toi ? |
Bien sûr... Mais même là... bien souvent je me retrouve avec un autre courriel à répondre, une autre personne à rappeller... Il m'arrive de me créer des temps libres, mais je les occupe très rapidement... Si je commence à à composer un beat, forget it, je ne dors pas !! |
| SUCCÈS SUR DISQUE |
| Parle-moi de ton premier CD Blas-t-phème... |
Tout est dans le nom !! (gros rires) Il date de septembre 2004. J'ai eu tellement de misère à sortir ce disque qu'à la fin, je ne voulais pas que le titre comporte des jurons. Nous avons donc opté pour Blas-t-phème. Mais (hésitation), j'ai eu de bon moments à le réaliser. C'est aussi à cette période que me suis rendu compte que j'avais pas mal d'amis dans l'industrie qui étaieint plutôt down avec le mouvement... Je pourrais dire que cet album a été thérapeutique pour moi. Je me suis découvert beaucoup là-dedans. Parce que dans le rap, être vrai est primordial - like keeping it real... Le vécu des rappeurs est bien souvent, le contenu principal d'un disque... C'est donc une partie de ma vie qui a été racontée dans Blas-t-phème... Un genre de biographie. |
Tu rappes, toi ? |
Pas du tout... même pas dans ma douche !! (gros rires). J'avais de vrais rappeurs pour mon CD. Mais, malgré le fait que c'est eux qui rappaient, il y avait un peu de moi dans les tounes aussi... |
| Le métier de DJ n’apporte vraiment aucune sécurité. Est-ce cette fragilité qui te fait travailler autant ? |
En grande partie, oui. Même si j'ai la chance d'avoir une certaine sécurité, dans un domaine complètement pas fiable... Ça fait cinq ans que je suis DJ résident au Living Night Club. Je dirais même que je n'ai jamais eu d'emploi "normal" aussi long !! (rires). J'ai aussi été résident un an au Sona et à l'Aria. |
| Rêves-tu de jouer plus souvent à l’étranger ? |
En Europe, surtout. Et j'ai la chance de voir mon rêve se concrétiser de plus en plus. On me dit qu'en Italie, ils sont des Hop Heads sérieux !! Bref, l'Europe est dans ma mire...
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Quel a été ton moment le plus magique derrière les tables tournantes ? |
Au Living... ma dernière chanson était Step in the name of love, de R. Kelly. Au moment de de baisser le son à la toute fin, je remarque que les gens sur le plancher de danse chantent les paroles mots à mots. J'en revenais pas. J'ai donc juste remonté la bass de la toune pour garder le rythme... jusqu'à la fin.La meilleure fin de soirée de ma carrière !! |
Et le pire moment ? |
J'ai un bon ami à moi qui s'est suicidé. Sur le coup, j'était en état de choc et je n'ai pas réalisé tout à fait... Ce même samedi soir, je travaillais au Aria. À un moment de mon set, j'ai parti à pleurer comme un enfant. Heureusement, personne n'a remarqué. (je ne voulais pas que ça se voit, non plus !!) Ce fut mon pire moment derrière les platines... |
| Que pense-t-on faussement de toi ? |
Que je ne suis pas gentil ou encore, bien naïf... |
| Pourrais-tu me nommer plusieurs grands DJs avec qui tu as joué ? |
Je crois que faute d'opportunité, je n'ai pas souvent partagé la scène avec de grands DJs de réputation internationale... Mais il y a quand même Tony Touch (NYC), BOSS Sound System (France) et bien évidemment, DJ Cashmoney !! |
| Il y en a avec qui tu rêverais de jouer ? |
Plusieurs !! Clinton Sparks, Green Lantern, Funk Master Flex, etc... |
| Il y a des établissements où tu aimerais jouer ? |
À titre de DJ, j'aimerais bien essayer tous les clubs de Montréal... |
| C'est vague... |
Ok, ok... back to reality... J'aimerais peut-être le 1234 ou encore, le 737. |
| Tu travailles déjà à un deuxième CD ? |
Oui. Ce sera dans la même style que Blas-t-phème, mais tout de même assez différent. Aujourd'hui, j'incorpore plus de live dans mon son, question d'enrichir les samples que j'utilise. J'aimerais que mon nouveau disque explore d'autres sonorités hip hop. Je ne sais toutefois pas encore si je vais y glisser des pièces instrumentales ou si je les garde pour un autre projet de disque... |
| Tu dois être vraiment content de ta résidence au Red-Lite ? |
Mets-en !!! Dire que je suis passé à deux doigts de refuser l'offre... Après mon expérience au Circus, je gardais un goût très amer des Afterhours... C'est étrange car j'adorais travailler au Sona et à l'Aria. Mais le Circus est complètement venu détruire l'image des Afterhours, pour moi. Heureusement que le Red-Lite est arrivé dans ma vie. Ça m'a redonné goût d'y jouer. Je ne regrette vraiment pas cette décision. Tu sais, la visibilité d'un DJ est 1000 fois plus grande dans un Afterhours que dans un club. C'est bien normal. Les discothèques se concentrent d'abord sur la vente d'alcool alors que les Afterhours visent la musique... |
| Où te vois-tu dans dix ans ? |
J'aimerais développer plein de facettes de ma carrière afin de porter le titre de "DJ/producteur/remixer"... En fait, je me vois à mener la même vie que présentement... avec quelques disques d'or de plus sur les murs !! (gros rires) |
| DJ Blast termine l'entrevue en me disant... |
Gaëtan, ça ne se fait pas de terminer une entrevue avec un DJ hip hop sans shout outs... So : |
Big up : Fabulous, Wreck, Manifest, Renegade, Red Dredd, D. Lauture, Team Canada, Killa Jewel (nice nightlife cover), FP Crew, Pimp Master G., tous les promoteurs, clubs, labels, rappeurs qui ont beleive en moi. |
Prochaines performances de DJ Blast |
Jeudi, 8 juin @ Living
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