Par TUBBIES-Benoît Quelques petites complications techniques m'empêchent de vous présenter l'entrevue avec Victor Calderone cette semaine. Ne vous en faites pas...
vous pourrez la lire dans les prochaines semaines ! Entre temps, je vous
propose une entrevue substantielle avec Caroline Rousse. S'occupant de la
presse et des relations publiques pour le Bad Boy Club de Montréal, Caroline
est une fille très occupée avec de grandes responsabilités! J'en ai profité
pour lui poser quelques questions sur la tenue des derniers Outgames ainsi
qu'une série sur la préparation et l'histoire de cette semaine folle pour
les lecteurs qui s'y connaissent moins. J'espère que celle-ci sera un remède |
LES PREMIERS OUTGAMES ET LE GAY PRIDE |
Les dernières semaines ont été très festives pour les Montréalais avec les Outgames et Divers/Cité, avec 3 partys durant les Jeux, les partys réguliers (Twist, Twist encore) et tous les autres événements relatifs à ceux-ci... Comment selon-vous s'est déroulé l'organisation générale ? |
Notre équipe a commencé à travailler très tôt sur ces projets, car nous
savions que ça serait beaucoup de travail et comme ces événements sont quand
même assez proches du Black & Blue, nous anticipions une surcharge de
travail durant la période estivale, ce qui a été le cas. Le défi était quand
même de taille pour une si petite équipe. Les trois événements des Outgames étaient en soi des événements qui demandaient beaucoup de travail et nous
avons commencé à travailler sur ceux-ci dès la fin de 2005. |
Quels ont été les commentaires après ceux-ci ? |
La plupart, positifs. Les mauvais commentaires reçus provenaient surtout de gens qui avaient aimé tel ou tel set de DJ et détesté l’autre, etc. À ce niveau, il est aujourd’hui difficile de plaire à tous. Nous avons d’ailleurs choisi des DJs qui provenaient de différents coins de la planète, justement pour nous assurer que différentes pays étaient représentés (dans le contexte des Outgames, ça allait de soi), mais il faut être conscient que quelqu’un qui adore Junior Vasquez ne va peut-être pas aimer Tom Stephan et vice versa. Le choix des DJs est toujours difficile quand on organise un grand événement. Certains n’aimaient carrément pas le Palais des congrès et il est vrai que c’est une salle assez nue... |
Êtes-vous satisfaite de la collaboration du BBCM avec les Outgames? |
Nous avons déjà eu des associations avec d’autres organismes auparavant,
mais jamais comme celle-ci et ça nous a fait réfléchir par la suite. Je ne
crois pas que le BBCM s’associera à nouveau pour des événements de cette
ampleur, surtout pour une première. Il est impossible de tout contrôler et
nous aimons bien savoir exactement où nous en sommes quand nous organisons
un événement. Nous avons notre propre façon de travailler et d’être obligés
d’avoir des permissions, des réponses, de l’info, etc. pouvait être
décourageant pour nous qui sommes une très petite équipe qui roule pas mal ! |
Était-il risqué d'organiser trois gros partys juste avant ceux de la Fierté? |
Tout est toujours risqué dans l’organisation d’événements… si on ne l’essaie
pas, on ne le sait pas. Avec le recul, on peut penser que oui, mais avant,
avec les prévisions des Outgames (au niveau du nombre de visiteurs, etc.) on
aurait pu penser qu’il y aurait eu plein de visiteurs durant les deux
semaines sur lesquelles s’étalaient les Outgames et la Fierté. |
LA PRÉPARATION DU BLACK&BLUE |
Le Black & Blue est le plus gros événement mondial en son genre en plus toute la semaine qui si rapporte. Quand ammorcez-vous les premiers préparatifs? |
Nous vivons avec le Black & Blue tous les jours… c’est presque comme une extension de nous-mêmes. Quand tu « trippes » là-dessus, tu y penses pas mal souvent… En fait, aussitôt que nous fermons nos dossiers de l’année précédente, nous faisons déjà du brainstorming pour la prochaine édition. Quand ça a bien été comme l’an dernier, on est comme sur un « high » de créativité. |
Comment se fait la sélection du thème ? |
Pas toujours de la même façon. Parfois, le directeur artistique a déjà une
idée à nous soumettre, d’autres fois, nous nous assoyons en équipe et nous
lançons des idées avant d’aller en appel d’offres pour la direction
artistique. Le thème de Louis XIV pour le 14ème B&B avait été trouvé en
discutant : on trouvait un peu ça plate, 14 ans, qu’est-ce qu’on fait avec ça, etc. Et puis Louis XIV s’est trouvé tout indiqué avec ses idées de
grandeur, de fête, et nos origines françaises ! Cette année-là, nous avions
donné les grandes lignes et les directeurs artistiques qui soumettaient leur
projet devaient s’y tenir. |
Comment se fait la sélection des DJs ? |
Cela est difficile. Comme je l’écrivais dans ma réponse pour les événements
des Outgames, il est difficile aujourd’hui de plaire à tous. Par exemple, la
clientèle hétéro de Montréal n’aimera pas nécessairement ce que la clientèle
gaie de Los Angeles aimera… tu vois la différence ? Alors à partir de ce
constat, vers quoi tu peux aller ? Il faut trouver le « mi-chemin » entre
les deux en étant conscient que même ça, ça ne fera pas plaisir à tous. |
De quelle façon déterminez-vous le lieu ? |
Pas difficile : seulement deux salles peuvent accueillir un aussi grand
nombre de personnes… le Stade ou le Palais. Je pense que n’importe quelle
personne qui a vécu l’expérience de danser sur le terrain central du Stade
olympique a de la difficulté à retourner en arrière !!! J’avoue que même
pour nous, le Stade, c’est excitant quand nous y allons… imaginez le défi !
C’est immense, le Stade, on est comme une petite fourmi là-dedans. Nous, il
faut « habiller » cet espace grandiose pour que les participants ne se
sentent pas perdus dans l’immensité, pour qu’ils sentent qu’ils font partie
de quelque chose, qu’ils sont « dans » le party, qu’ils contribuent à
l’énergie du party. Mais on ne peut pas se tanner de ça, c’est juste trop
fou. |
Et pour les prestations, comment procédez-vous ? |
|
Après tant d'années, est-il difficile de se ré-inventer au niveau de la thématique globale? |
Oui et non. Tu penses que tu n’as plus d’idées, mais en fait ce n’est pas
vrai… l’imagination, l’ouverture, la curiosité, le désir de produire quelque
chose : il y a plein de stimuli autour de nous et il ne suffit que d’être
sensible à tout ça. La vie continue d’évoluer, je ne vois pas pourquoi nos
idées ne le feraient pas non plus. Il y aura toujours quelque chose d’autre à explorer. |
Pouvez-nous nous révéler quelques détails sur le thème de cet année : Supersonic? |
Évidemment, il faut que je réserve des surprises aux gens qui viendront !
SUPERSONIC fait référence aux avions (vitesse, modernité, chic, etc.) et
nous allons piger dans tout ce qui est en lien avec le monde ou le langage
des aéroports ou de l’aviation. La piste de danse, c’est la piste de
décollage et nous partons en voyage avec nos capitaines (nos DJs), tu vois
le genre ? J’ai vu récemment une émission de télévision (et je sais que
notre directeur artistique l’a aussi regardée, car nous en avons parlé
ensemble) sur le Concorde et on y racontait plein de trucs intéressants,
mais ce qui m’avait frappée, c’était cette collaboration entre les Français
et les Anglais sur le projet… l’idée du Supersonic c’est aussi cette idée de
la collaboration, de la bonne entente, du progrès, de rapprocher les gens,
de rejoindre les continents plus rapidement, etc. |
Quand allons-nous savoir le line-up officiel des DJs ? Devons--nous s'attendre à des surprises ? |
Vous avez déjà vu le line-up puisque qu’il est annoncé maintenant. Il se peut que quelques uns soient surpris par exemple du choix de notre DJ Antoine Clamaran puisqu’il est peu connu du milieu gai ici… mais c’est une méga-star en Europe et il y a très longtemps qu’il est DJ. Il a travaillé entre autres avec des gens comme David Guetta et Laurent Garnier. Le milieu hétéro montréalais par contre est familier avec ce DJ et certains l’attendent avec impatience. |
| UN ÉVÉNEMENT D'ENVERGURE INTERNATIONALE |
Quel est votre meilleur souvenir d'un Black & Blue antérieur? |
Ça fait longtemps que je suis là (ça sera le douzième Black & Blue que
j’organise), il y en a tellement eu… mes éditions préférées sont 1996
(première fois avec Danny Tenaglia), 1999 (première fois sur le terrain du
Stade avec 17,000 personnes) et 2005… c’était vraiment superbe l’année
dernière ! |
Êtes-vous surprise du nombre de personnes qui s'y présentent à chaque année ? |
Il faut toujours travailler fort et ne pas nous asseoir sur nos lauriers… si nous faisons bien notre travail, ils viennent et reviennent. Nous sommes stressés à chaque année… c’est ça l’événementiel ! |
Quelles sont selon-vous, les facteurs qui influencent ces déplacements? |
Plusieurs facteurs : la qualité de l’événement, le caractère unique de
celui-ci, l’effort au niveau artistique et technique, les DJs évidemment et
un élément excessivement important, c’est la promotion de l’événement… nous
sommes très agressifs à ce niveau. Je ne peux passer sous silence le fait
que nous sommes à Montréal… c’est spécial Montréal, quand tu voyages, tu
t’en rends bien compte. Ici, il y a de l’ouverture d’esprit, les gens se
sentent à l’aise et je dirais aussi que le monde est beau. Ce n’est pas
nécessairement une beauté plastique dont je parle, mais plutôt que les gens
ont un beau style, qu’ils sont souriants, accueillants, etc. |
D'ou vient le nom ''Black & Blue'' ? |
Les co-fondateurs Christian Beaudry et Robert Vézina aimaient bien faire le
party à l’époque et ils allaient dans toutes sortes d’événements du Circuit
gai américain comme le White à Miami, le Black à New York, etc. Comme il ne
se passait rien ici, ils ont décidé d’organiser un party à Montréal et comme
le nom d’une couleur était presque de rigueur, ils ont opté pour une couleur
aussi… le hic était qu’ils aimaient le cuir et que comme le Black existait
déjà, ils ont décidé de garder Black, mais de rajouter une autre couleur. |
Auriez-vous un message à transmettre à toutes les personnes qui viendront cette année? |
La cause !!!! La récente Conférence sur le SIDA nous a appris, entre autres,
qu’il y a un taux de recrudescence en ce qui a trait aux nombre de jeunes
qui ne se protègent pas et qui finissent par être atteints du SIDA.
J’aimerais que les gens n’oublient pas cet aspect important de notre événement, pour nous c’est très important. Les risques sont toujours là et
il est malheureux que de nos jours, on ne soit pas plus prudent : il n’y a
pas d’excuse ! Durant la soirée du Black & Blue, nous avons toujours un de
nos spectacles qui porte sur le SIDA et surtout sur les gens qui luttent
contre lui. |
| Merci, Caroline Rousse ! |
Mercredi, 4 octobre |
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