Rencontre avec
DOMINIC B
Par TUBBIES-Gaëtan - Les plus jeunes ne savent probablement pas que Dominic B, celui qui tient les commandes du Space Afterhours de Trois-Rivières, a été l'un des DJs de l'heure au Québec dans les années 1990. Il faut dire que le DJ/producteur roule sa bosse dans l'industrie depuis 1986, année où fait ses premières armes dans des clubs « 14-18 ans », établissements très populaires à l'époque. Après un brillant passage au Shooters de Chambly, il fait son entrée au tout premier Red Lite Afterhours de Laval, grâce à son bon ami Benoît Vinet. Une initiative gagnante qui le fera jouer avec les plus grands DJs de l'époque (Antoine Clamaran, Saeed & Palash, Robert de la... Gauthier, Rob Di Stefano, Peter Rauhofer, Anthony Acid, Robert Ouimet, Johnny Vicious et j'en passe.
Son association avec l'illustre Simon Perreault avec qui il crée le collectif Grand Ménage en 1999, sera des plus prolifiques. De superbes remixes sortiront du studio Original 337, dont Tribalmania, qui récoltera même une nomination au Juno Awards, dans la catégorie « Dance Recording of the Year ».
Rencontre avec l'un des pionniers de notre industrie.
Depuis combien de temps fais-tu de la musique, mon Dominic ?
Je duis DJ depuis déjà 23 ans. Toutefois, je ne suis producteur que depuis dix ans.
Comme je travaille sur plusieurs projets qui demandent beaucoup de mon temps présentement,
le volet production de ma carrière en souffre un peu...
Comment as-tu commencé ta carrière de DJ ?
D'abord grâce à la radio étudiante au secondaire. J'ai par la suite travaillé pour plusieurs compagnies de son comme installateur, tout en développant ma carrière de jeune DJ.
J'ai eu la chance de travailler pour la majorité des clubs « 14-18 » de l'époque. Je pense au Week-end, à l'Extase, à la patinoire de la Récréathèque, au Vision, au First Choice, ainsi que Le Point 17.
Après un long séjour au Shooters de Chambly, Benoît Vinet m`a donné une première vraie chance de percer parmi les grands et c'est Perry « The Wizzard » Lamarre qui m`a montré la route à suivre pour devenir un meilleur DJ/producteur.
Quel serait ton meilleur souvenir à titre de DJ ?
J'ai deux soirées qui me reviennent en tête. D'abord Is it Sex or is it Love au Red Lite en 2000, avec le new-yorkais Peter Rauhofer. Aussi, comment oublier notre nomination au Juno Awards en 2003, pour la pièce Tribalmania ?
Et le souvenir que tu aimerais effacer ?
Celui d'un certain vendredi triste où je performais au Red Lite, en 2004. Moins de cinq minutes avant de commencer ma gig, on m'annonçait le suicide d`une très bonne amie. Imagine...
Je peux vous dire que la musique ce soir là n'était pas à la haute des attentes de la clientèle sur place...
Qu'est-ce qui a le plus changé dans l'industrie depuis tes débuts ?
La disparition du vinyle. C'est triste car c'était vraiment spécial de jouer sur les « 1200 ». Nous pouvions lire les sillons et savoir ce qui allait se passer avec la toune. Aujourd'hui avec les CDs, nous n'avons plus ce feeling visuel. Je trouve ça beaucoup plus froid...
Que dirais-tu à ceux et celles qui disent que l'industrie des Afterhours se meurt petit à petit ?
C'est un fait. Ce fut la même chose pour les discothèques qui se sont grandement transformées pour devenir de simples bars ou des lounges au début des années 2000.
Je dirais que les Afterhours subissent eux aussi une forme de transformation. Ceux qui savent innover resteront ouverts. Il ne faut pas oublier que la clef du succès est de rester à l'écoute de la clientèle.
Comment se porte le Nightlife en Mauricie ?
Ici à Trois-Rivières, tout semble se passer sur la rue Desforges. La majorité des bars in sont sur la « Main », sur une longueur d'un demi-kilomètre.
Les amateurs se promènent d'un bar à l'autre pendant toute la soirée. Il faut dire que nous y retrouvons plusieurs endroits qui offrent des styles musicaux pour tous les goûts. Nous avons la chance d'avoir une très grosse scène de vie nocturne à Trois-Rivières.
L'ouverture d'établissements comme le Sky Club & Lounge et le V Lounge sont sûrement bénéfiques pour le Space Afterhours ?
Bien évidemment ! La venue d`autres bars à Trois-Rivières nous apporte beaucoup. C'est différent pour les bars déjà en place car on ne crée pas une nouvelle clientèle. Elle est tout simplement divisée.
À Trois-Rivières comme partout ailleurs, l'ouverture de nouveaux établissements chamboule les habitudes des amateurs et oblige la compétition à s'améliorer.
Justement, parle-nous du Complex Space de Trois-Rivières.
Le Complex salle de spectacles était un très beau projet. En une seule année, nous avons monté un beau kit de son et de lumières. Malheureusement, on s'est trompé sur la grandeur de la salle...
Certains diront que le Complex est un échec mais je dirais plutôt un « demi échec », qui va très bientôt se transformer en succès (sourire) !
On m'a dit entre les branches que tu étais L'HOMME à tout faire là-bas ?
Oh oui ! (gros rires) Je faisais tout de a à z : la gérance, j'étais DJ, parfois barman et même bussboy !
Mais je suis un gars de défis donc, ça ne me dérange pas vraiment de tout faire.
Pourquoi n'avons-nous pas la chance de revoir plus souvent DJ Dominic B dans la métropole ?
Sérieusement Gaëtan, le Complex de Trois-Rivières me demandait tellement de temps ! Gérer une salle de spectacles et un Afterhours demandent beaucoup d'énergie. Je n'avais plus le temps de promouvoir ma propre carrière de DJ et une simple petite visite à Montréal était pratiquement impossible...
La fermeture du Complex fera en sorte que je pourrai bientôt frapper aux portes de certains clubs de la grande métropole et du même coup, plusieurs demandes seront comblées ! (rires)
Tu t'ennuis de l'époque où tu travaillais avec Simon Perreault ?
C'est évident ! Mais tu sais, je vois plus cela comme un Standby. Je ne dirais pas que le collectif Grand Ménage est terminé pour toujours. Recommencer la production avec Simon Perreault et Serge Paré ? N`importe quand !
Quels sont tes projets pour 2010 ?
Mon retour dans la métropole et jouer à nouveau pour des grands planchers de danse comme le Red Lite te le Beau Club de Pointe-Calumet me tient vraiment à coeur.
Continuer à faire rouler le Space Afterhours sera aussi pour moi une aventure. Mais comme j'aime les projets, j'en ai plusieurs sur ma liste. Après quelques semaines de repos, je devrais être en mesure de dévoiler mes intentions !
Merci, Dominic.
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