Rencontre avec
Max Julien

Par Gaëtan Vaudry

J'avais vraiment hâte de rencontrer le DJ Max Julien (alias DeepJMax). Depuis le début de l'année 2006, son nom est sur toutes les lèvres. Journaliste sportif, DJ, producteur, c'est enfin la consécration pour un gars compte plus de deux décennies de djing. À la suite de cette rencontre avec ce sympathique personnage, je pourrais facilement résumer sa vie en un seul mot : passion !!

 
Lorsque je regarde ton parcours, je suis vraiment impresionné de voir autant de réalisations !
 
J'ai effectivement accompli beaucoup de choses entre 1984 et 1991, surtout en occupant de bonnes résidences dans des grosses boîtes de musique dance et alternatif de Montréal : le Mars, l’Alcatraz, le Thunderdome, le Lime Light et le Sphinx...

J’ai effectué un retour en 2003 parce que la musique était dans mon cœur et dans mon âme et que je ne pouvais plus le nier. Je pense qu’aujourd’hui, ma passion pour l’underground est plus forte que jamais !!
 
Après tant d’année de carrière, pourquoi ce changement de nom de DeepJ Max à Max Julien ?
 
DeepJ Max est quand même un nom récent. J’ai effectué mon retour à la musique alors que je travaillais encore dans le domaine des sports. Je ne voulais tout simplement pas que ces deux mondes se rejoignent, alors je me suis dis que lorsque j’effectuerais un retour, j’utiliserais un alias. De toute façon, il y avait plus de DJs qu’aujourd’hui qui spinnaient avec un nom autre que le leur.

Quand j’ai été engagé pour le (((Stereo))), Danny Torrence m’a suggéré de laisser tomber mon alias, parce que le mot « Deep » dans mon nom pouvait suggérer que je ne joue que du deep house. C'est donc grâce à Danny si maintenant je joue sous mon vrai nom.
 
Et tu diras donc adieu à DeepJMax le 7 avril ?
 
En quelque sorte. Ce vendredi 7 avril, je ferai une soirée spéciale au Sommet, pour fêter mes 22 ans comme DJ professionnel. Lors de cette soirée, ce sera DeepJ Max vs Max Julien... Je jouerai plusieurs tracks qui on marqué ma carrière depuis mes débuts.
 
Wow 22 ans comme DJ ! En quoi trouves-tu que la musique a le plus changé, au cours des 10 dernières années ?
 

La musique, qu'elle soit underground ou commerciale, est toujours en croissance. La grosse différence aujourd’hui c’est la nouvelle technologie. Les programmes comme "Reason", "Logic" et autres donnent une dimension incroyable aux artistes d’aujourd’hui. Néanmoins, ceux qui prennent avantage de ces avances sont les DJs et producteurs underground.

En écoutant la musique commerciale, on entend cela peut être facile de produire une track... tout est basé sur un concept avec une formule très spécifique pour chaque genre ! Le résultat en est un très négatif pour la musique commerciale alors que tout est trop « pareil ». Ce qui joue à la radio est, en majeure partie, intolérable. Les pièces underground sont beaucoup plus travaillées alors que ce sont des artistes, pur et simple, qui créent ces morceaux.

La créativité dans la musique commerciale n’existe presque plus alors que les DJs et producteurs underground (house, techno, trance, électro) sont les vrais artistes.

 
Est-ce que tu es des quelques privilégiés qui pratiquent le métier de DJ à temps plein ?
 

Oui, depuis l’été dernier. Mais je l'avais déjà fait de 1984 à 1991. Je suis maintenant capable de vivre grâce à ma passion, qui est la musique. Si je trouve aussi du succès avec mes productions, je pense que ça ira bien pour un bout. Néanmoins, travailler dans le domaine du sport professionnel me manque beaucoup. J’ai travaillé pendant quelques années pour plusieurs équipes comme relationniste, notamment les Alouettes de Montréal, l’Impact de Montréal et les Renegades d’Ottawa.

 

Deux mondes totalement parallèles !! Crois-tu y retourner un jour?

 
Ce n’est pas une carrière pour laquelle j’ai totalement fermé la porte. Je couvre encore l’Impact et les Canadiens de Montréal comme journaliste/chroniqueur pour des sites.

Je vis le moment le plus heureux de ma vie. Il faut dire que je respire que par la musique en ce moment...
 
Tu connais un début d’année 2006 fulgurant. À quoi attribuerais-tu toute cette effervescence pour toi ?
 

Il faut absolument se donner des buts. De plus, il faut travailler fort dans son métier. J’avais décidé d’écrire sur la scène en 2003, et sans le prédire, cela m’a beaucoup aidé. J’ai fais de bons contacts, et ça m’a aidé à me bâtir un nom dans la scène.

C’est important de se consacrer à sa musique, mais il faut aussi se trouver une façon additionnelle de se démarquer. Je considère donc que mon travail comme DJ, ainsi que comme chroniqueur de la scène a porté fruit. Je dois aussi dire que la chance d’être au bon endroit au bon moment, est super important... C’est de cette façon que j’ai eu l’occasion de jouer au célèbre Rise de Boston, le 17 décembre dernier. Depuis ce temps, les choses vont beaucoup mieux pour moi, à Montréal aussi. Tout est vraiment arrivé en même temps !!

 

Es-tu nerveux de signer la première partie de l’illustre Victor Calderone, le 8 avril prochain @ Stereo ?

 

(Sourire) Nerveux ? Pas encore... Mais je suis persuadé que ce sera très différent d'ici la fin de la semaine... Quand on m’a offert l’ouverture du grand Victor Calderone, un des meilleurs au monde, ça m’a prit cinq jours avant que je me calme !! (rires)

Jamais je n'aurais cru avoir la chance de jouer aussi rapidement dans la grande salle, lors de mon retour au Stereobar en janvier dernier. J'ai du mal à croire que je vais me retrouver aux commandes de ce qui est probablement, le meilleur système de son au monde !! C’est vraiment grâce à Danny Torrence et Niko Léger, qui ont confiance en moi, que je serai au Stereo, le 8 avril prochain.

 

Est-ce que tu te prépares différemment pour un set au nouveau Sommet (qui s’adresse à la clientèle gaie) que pour une gig au Publix ou au Stereobar ?

 

Ma préparation commence dès le moment où je me procure mes nouveautés. Je ne prépare jamais mes gigs... jamais !! Je laisse l’instinct faire mes choix musicaux, lors d’un événement. Quand vient le temps de jouer pour le public, j’ai une idée générale pour chaque événement, d’où je devrais me diriger.

Pour ce qui est du Sommet ou toute autre résidence, j’essaye très fortement de ne pas jouer les mêmes morceaux d’une gig à l’autre, pour ne pas être répétitif. Ce n’est plus les années 80s !! (rires)

De nos jour, un DJ n'a pas le choix d'être créatif soir après soir. Je veux à tout prix éviter de devenir prévisible. Le résultat de ce travail fait que chacune de mes soirées au Sommet, chacun de mes shows live sur Techno.fm, sont différents.

 
Est-ce que la production t'intéresse aussi ?
 

J'y travaille depuis quelques mois déjà. J'ai la chance de pouvoir tester de de mes productions présentement : « Pardon the Interruption » et « Urgent Document ». Je suis très heureux de la réaction des pistes de danse, jusqu'à maintenant.

Je suis à l'étape du "mastering" final. Quelques étiquettes de disques montrent déjà de l'intérêt... je souhaite donc pouvoir les sortir cette année...

 
Qui sont tes DJs Québécois préférés ?
 

Au risque de me répéter, Montréal est la ville avec la meilleure scène en Amérique sinon, dans le monde entier. Pas toujours facile pour les DJs d'ici car s'ils souhaitent se démarquer, ils doivent être parmi les meilleurs au monde.

Dans le house, Stéphan Grondin, Danny Torrence et Mark Anthony sont parmi mes favoris. Il y en a d’autres certes, mais je ne pourrais les nommer tous (rires). Côté techno, je pense que Preach a vraiment surclassé tout le monde. Dans le trance, nous nous démarquons également. L'exemple de DJ Nigel, qui joue plus progressif, sera un nom à retenir dans les prochains mois...

 

Et du côté internationnal, tes favoris...

 

Peter Rauhofer et Chus & Ceballos sont mes deux incontournables. J’adore aussi Craig Mitchell, Armin van Buuren, Ron van den Beuken, DJ Vibe, Markus Schulz, Sami Dee et Roger Sanchez et Victor Calderone... bien sûr !!

 
Est-ce que le succès te fait peur ?
 
Tout ce que je souhaite dans ce métier, est de faire plaisir à ma piste de danse avec la meilleure musique possible. Il n’y a rien de plus touchant que de parler à des gens, après un set, qui ont vraiment aimé ta musique... J’ai le plus gros des sourires quand la piste de danse est en mouvement.

Tous les DJs souhaitent avoir du succès. Mais avant même le succès, ce que je cherche en ce moment, Gaëtan, c’est de pouvoir laisser ma marque dans l’industrie.
 
C’est ta conjointe, Me Nathalie Hamel, qui s’occupe de la gestion de ta carrière. Tu trouves ça comment de travailler avec ta blonde ?
 

C'est tout nouveau pour nous... On collaborait déjà à plusieurs projets ensemble, avant qu’elle ne commence à gérer ma carrière. Alors ce fut une transition naturelle. Ce qui est rassurant, c'est que je peux lui faire totalement confiance. C'est sécurisant pour un DJ. Nathalie connaît très bien la scène, y étant impliquée depuis quelques temps déjà. En plus, elle est avocate.

Elle possède tous les atouts pour gérer ma carrière. Elle a décidé de fonder DeepSound Promotions qui gère la carrière des DJs et qui organise aussi certains événements. Pour moi, il était naturel d'être son premier client...

 
Où te vois-tu dans 10 ans ?
 

Ma vie a tellement changé dans les dix dernières années que j'aurais beaucoup de mal à prédire ce qui pourra se passer en 2016... !! En 1996, je terminais mes études en administration des sports, à l’université Concordia. J'étais persuadé que ma vie serait dans ce domaine. Je pourrais donc être totalement ailleurs dans dix ans !! (gros rires)

Avoir le choix, il est évident que d’atteindre un certain succès comme DJ, producteur ainsi qu’écrivain, serait fantastique. Mais comme je le mentionnais plus tôt, ce qui compte réellement lorsqu’on vieillit, c’est de laisser sa marque.  Il ne faut pas oublier que ce n’est pas une vie facile... J'espère pouvoir y consacrer autant de temps que maintenant (sinon plus). Si ma passion est aussi vive dans dix ans, alors ça ira que bien. Pour moi, tout ce qui compte, c’est la musique…

 

Merci beaucoup, Max.

 
djmaxjulien.com | info@maxjulien.com
 
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Prochaines performances de DJ Max Julien
 

Mardi, 4 avril 2006 : DeepTuesdays @ Techno.fm
Mercredi, 5 avril : Ladie's Night @ Publix (avec DJ Jung)
Vendredi, 7 avril : Deep Sound @ Sommet
Samedi, 8 avril : Evolve @ Stereo (avec Victor Calderone)
Mardi, 11 avril 2006 : DeepTuesdays @ Techno.fm
Vendredi, 14 avril : Deep Sound @ Sommet
Mardi, 18 avril 2006 : DeepTuesdays @ Techno.fm
Vendredi, 21 avril : Deep Sound @ Sommet
Mardi, 25 avril 2006 : DeepTuesdays @ Techno.fm
Vendredi, 28 avril : Deep Sound @ Sommet

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